Logement, moyens de transport, lieu de travail, école… Nous passons plus de 80 % de notre temps dans des lieux clos, et l’air que nous y respirons n’est pas toujours de bonne qualité, voire bien plus pollué que l’atmosphère extérieure. Une mauvaise qualité de l’air peut favoriser l’émergence de symptômes tels que maux de tête, fatigue, irritation des yeux, du nez, de la gorge et de la peau, vertiges ainsi que les manifestations allergiques et l’asthme. Les enjeux sanitaires et économiques liés à la qualité de l’air intérieur sont importants. En France on estime à 19 milliards d’euros par an le coût de la mauvaise qualité de l’air intérieur. À la différence de la pollution de l’air extérieur, plus médiatisée, celle de l’air intérieur est restée relativement méconnue jusqu’au début des années 2000. Pourtant les sources de pollution sont nombreuses : appareils à combustion, matériaux de construction, produits de décoration (peinture, colles, vernis…), meubles, activité humaine (tabagisme, produits d’entretien, bricolage, cuisine…). À l’intérieur des logements, l’air et bel et bien pollué de manière spécifique par rapport l’air extérieur. 3 actions sont à entreprendre pour limiter la pollution intérieure :
– Aérer
– Ventiler
– Identifier les sources de la pollution et agir
Aérer 10 minutes par jour été comme hiver
Cela permet de renouveler l’air intérieur et de réduire la concentration des polluants dans votre logement. Aérer permet de diluer la pollution, mais pas de l’éliminer. Seule la réduction des émissions de polluants à la source règle durablement le problème. Pour voir comment procéder, reportez-vous aux pages suivantes. Identifiez les polluants présents dans votre logement et adoptez les bons gestes pour agir sur les sources de pollution.
Ventiler
La ventilation permet de renouveler l’air en assurant une circulation générale et permanente. Elle peut être :
– Naturelle : l’air circule dans le logement par des entrées d’air « neuf » et des sorties d’air « pollué » (bouches et grilles d’aération),
– Mécanique : la VMC (ventilation mécanique contrôlée) est un système électrique de renouvellement automatique et continu de l’air. Ne bouchez surtout pas les entrées d’air ni les grilles ou bouches d’extraction. Ne les cachez pas derrière un meuble ou un revêtement.
– Entretenez-les en dépoussiérant ou en nettoyant les grilles, entrées d’air et bouches d’extraction tous les ans.
Identifier la source de la pollution
Les polluants de l’air intérieur sont nombreux. Ils peuvent notamment être de nature chimique, physique ou biologique.
Paramètres de nature chimique
Les sources d’émissions de composés chimiques dans les environnements intérieurs sont très nombreuses. Certains matériaux de construction, meubles, articles de décoration et produits d’entretien, de bricolage ou de nettoyage peuvent contenir des substances chimiques ayant, dans certaines conditions, la propriété de se volatiliser dans l’air ambiant et ainsi, porter atteinte à la santé. Ces substances sont souvent plus nombreuses et plus concentrées à l’intérieur qu’à l’extérieur compte tenu de la multiplicité des sources intérieures. Certaines substances chimiques présentes à l’extérieur peuvent également se retrouver à l’intérieur des locaux : c’est le cas des pesticides par exemple, qui sont généralement utilisés pour l’entretien des espaces verts, et peuvent persister de très nombreuses années dans les sols.
Peuvent être cités à titre d’exemple :
– Les composés organiques volatiles (COV), largement utilisés dans la fabrication de nombreux produits et matériaux (peinture, vernis, colles, moquette, carrelage, nettoyants, tissus neufs, etc.).
– Les COV englobent des familles très variées et présentent ainsi des effets divers sur la santé comme des irritations de la peau, des muqueuses et du système pulmonaire, des nausées, maux de tête et vomissements.
– Des composés, comme le benzène ou l’amiante, associés à des leucémies ou à des cancers (dans le cas d’exposition professionnelle), ou d’autres composés suspectés d’atteinte de la reproduction.
– Le formaldéhyde, présent dans de très nombreux produits d’usage courant : bois agglomérés et contreplaqués (tant dans le mobilier que dans les matériaux de construction), mousses isolantes, laques, colles, vernis, encres, résines, papier, produits ménagers, pesticides, etc.
– Le formaldéhyde est un irritant des voies respiratoires supérieures, classé cancérogène certain chez l’homme par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) depuis juin 2004.
Certaines sources, moins évidentes, peuvent également être à l’origine de pollutions intérieures ; c’est le cas notamment des imprimantes laser, télécopieurs et photocopieurs qui émettent de l’ozone. Or, l’ozone peut être très nocif pour les muqueuses oculaires et respiratoires ; il augmente ainsi les problèmes liés à l’asthme. La réaction de l’ozone avec les composés organiques volatils présents dans l’air intérieur peut d’ailleurs conduire à la formation de polluants secondaires, pour certains potentiellement nocifs pour la santé humaine.
Paramètres de nature physique
Par leurs caractéristiques physiques, certains paramètres peuvent porter atteinte à la santé. En particulier : l’amiante est un minéral naturel fibreux intégré dans la composition de nombreux matériaux de construction. Il est cancérigène ; les particules en suspension dans l’air sont présentes dans les bâtiments soit par transfert depuis la pollution extérieure (trafic automobile…) soit parce qu’elles sont émises par la combustion (tabac, chauffage, encens…), par la cuisson des aliments ou les activités de ménage. Elles peuvent avoir comme impacts sanitaires : une aggravation de l’asthme et des bronchites chroniques, un risque accru de maladie cardiovasculaire ou un cancer du poumon. Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle présent dans le bâtiment par effet de confinement. Il est cancérigène. En 2015, une étude a révélé la présence de substances toxiques dans les bougies d’intérieur, l’encens et le papier d’Arménie. Une fois inhalées, ces substances peuvent se révéler extrêmement nocives pour notre système respiratoire. Malgré la mise en garde des professionnels de santé et des associations de consommateurs, le marché des bâtons d’encens et des bougies parfumées est en pleine croissance. En France, il augmente chaque année de près de 15 %.
Paramètres de nature biologique
Moisissures, bactéries, virus, pollens : les agents biologiques sont présents à l’extérieur comme à l’intérieur des bâtiments. Ils peuvent se développer dans les moquettes, les revêtements muraux, les matériaux d’isolation, les installations sanitaires, les circuits de distribution d’eau, les systèmes de climatisation, etc. Les agents biologiques potentiellement dangereux pour la santé humaine sont présentés par grandes catégories : champignons et levures, algues, helminthes, protozoaires, bactéries, virus, acariens, fragments de matériel animal et végétal. Il existe un lien probable entre la biocontamination de l’air et des manifestations pathologiques mais celui-ci est souvent difficile à établir. L’inhalation de ces particules en suspension dans l’air (comme les pollens par exemple) peut poser des problèmes de santé pour les personnes fragiles, notamment des enfants, les personnes asthmatiques et les personnes âgées. Elle peut entraîner, selon l’état de santé des personnes et le type d’agents biologiques, des rhinites et des allergies et, dans les cas extrêmes, des infections respiratoires et pulmonaires (asthme, etc.). La chaleur, l’humidité, l’insuffisance d’entretien des locaux, la mauvaise maintenance des installations d’eau chaude et de climatisation favorisent la prolifération de nombreux agents biologiques, augmentant les risques de leur diffusion dans l’air intérieur et l’eau.

